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Espéranto et traduction asymétrique, avenir du multilinguisme

lundi 3 octobre 2022, par Didier

Multilinguisme en Europe : théorie et pratique.

Comment l’Union européenne peut devenir vraiment multilingue en facilitant le travail des traducteurs et interprètes ?


Officiellement l’Union européenne prône le multilinguisme, mais qu’en est-il dans la réalité ?

L’Union européenne compte 24 langues officielles dont 4 langues fondatrices à son origine en 1957 : français, allemand, italien, néerlandais. Dans la réalité, au-delà des paroles lénifiantes, l’anglais est désormais la seule langue utilisée dans de nombreuses circonstances à l’écrit et à l’oral. Même le français et l’allemand, langues fondatrices et pourtant sensées être langues de travail sont en cours d’éradication par l’eurocratie.

Pourquoi le multilinguisme a t-il tant de mal à s’imposer ?

Soyons clair, pour que la situation théorique prônée par l’Union européenne fonctionne, il faut un nombre irréaliste de paires de traduction/interprétation (24 vers 23 autres langues, soit 552 au total). Quant à se passer de traduction tout en permettant à chacun de s’exprimer dans sa langue, c’est tout aussi irréaliste : il faudrait que chaque Européen, en plus de parler sa propre langue ait une connaissance passive des 23 autres langues officielles !

Qu’est-ce que l’espéranto associé à la traduction asymétrique ?

Dans cette solution chacun s’exprime dans sa langue (l’une des 24 langues officielles) et comprend l’espéranto (connaissance passive). Les travaux de traduction et d’interprétation pour le fonctionnement des institutions se limitent à une traduction/interprétation de 24 langues vers l’espéranto, réduisant ainsi le nombre de paires de 552 à 24.

Pourquoi l’espéranto associé à la traduction asymétrique est la solution ?

Grâce à sa structure grammaticale et lexicale régulière, l’espéranto s’apprend 8 à 10 fois plus vite qu’une langue nationale, et sa connaissance passive s’acquiert encore plus rapidement. Ainsi en généralisant l’apprentissage de base de l’espéranto pour chaque citoyen (80-100 heures d’études) et l’apprentissage poussé de l’espéranto pour les traducteurs et interprètes de l’Union européenne (600-800 heures d’études), les institutions de l’Union européenne pourrait basculer vers l’usage de l’espéranto associé à la traduction asymétrique ; les traductions complètes en 24 langues ne seraient conservées que pour les publications dont c’est déjà l’usage, notamment à destinations des citoyens.

Et lorsque la traduction ou l’interprétation n’est pas possible ?

Enfin les travaux des agences et commissions qui ne peuvent pas avoir recours à un système de traduction/interprétation utilisent l’espéranto comme langue de travail et ne traduisent vers les 24 langues officielles que les documents finalisés. Les membres de ces structures ont une connaissance active de l’espéranto (150-300 heures d’études).

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Voir aussi l’article sur l’espéranto, comme langue pivot dans la traduction automatique, avec un retour sur le projet DLT.

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