Le 15ème Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale s’est tenu à Abou Dhabi du 26 septembre au 1er octobre 2026.
Lors de ce congrès, François Lo Jacomo, membre du Conseil d’administration de UEA (Association mondiale d’espéranto) et trésorier de Europe Démocratie Espéranto, a présenté la communication ci-dessous.
En France et partout dans le monde, une grande partie des violences seraient évitées si les gens pouvaient se parler, et comprendre les motivations et les raisonnements des adversaires potentiels.
Mieux se comprendre grâce à l’espéranto, pour éviter les conflits !
“Pour que les hommes s’entendent, il faut d’abord qu’ils entendent” : l’impossibilité de dialoguer est la cause principale des conflits. Mais dialoguer, ce n’est pas seulement se faire entendre, c’est avant tout entendre l’autre. Un dialogue équitable n’est possible que si les interlocuteurs ne se sentent pas discriminés par l’obligation de passer par une langue tierce, porteuse d’une culture qui n’est pas la leur.
Au 19° siècle, Lejzer Ludwik Zamenhof a bâti une langue simple, l’espéranto, purgée de toute irrégularité inutile, qui s’apprend dix fois plus vite qu’une autre langue et que chacun peut s’approprier car elle donne accès à toutes les cultures du monde sans imposer sa propre culture.
Mais si l’espéranto s’est développé depuis bientôt 140 ans sans être porté par aucun pouvoir économique ni politique, c’est parce que c’est une porte ouverte sur la diversité culturelle. Nous avons chacun notre vision étroite du monde, et nous cherchons un dénominateur commun à toutes ces visions du monde alors qu’au contraire, c’est en percevant toutes les différences comme autant de richesses, comme des touches de couleur sur la grande mosaïque mondiale, que nous améliorerons la compréhension et préparerons la résolution des conflits. Comme l’écrit Luigi Pirandello, indépendamment du problème des langues, nous n’avons a priori aucune idée de comment l’autre perçoit ce qui nous semble être la réalité. Mais en améliorant les conditions du dialogue, en évitant que certains se sentent discriminés linguistiquement, en recherchant non pas l’intersection de son point de vue avec le point de vue adverse mais au contraire la réunion de ces deux points de vue, on élargit sa perception de la réalité et on fait un pas significatif vers la paix et la résolution des conflits. L’espéranto est un outil puissant qui permet d’entrer en contact avec le monde entier sans investir trop d’énergie dans la maîtrise des irrégularités grammaticales des langues nationales, il reste à tirer profit des divergences qui ne doivent pas être des causes de conflit, mais l’expression d’une richesse sur laquelle construire un monde en paix.