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L’Aquarius est arrivé à bon port, mais non l’Union européenne.

mercredi 20 juin 2018, par Pierre

Après de longs jours d’errance, l’Aquarius et les autres bateaux transportant les migrants refoulés d’Italie sont arrivés en Espagne. On ne peut que se réjouir d’une arrivée sans morts supplémentaires. Mais pendant ce temps, les contradictions et les fissures dans le fonctionnement de l’Union européenne sont devenues plus visibles.

Le gouvernement démocratiquement élu de l’Italie, Etat souverain, a refusé d’accueillir ces naufragés. Dans un premier temps, le gouvernement démocratiquement élu de la France, Etat souverain, a refusé aussi de les accueillir, et a indiqué que l’attitude du gouvernement italien était « cynique » et « irresponsable ». Le gouvernement italien a demandé des excuses à la France, qui a refusé, et le ton est monté entre les deux capitales.

Italie, France et Espagne font partie d’un même « Espace Schengen », qui devrait permettre la libre circulation des personnes, or la frontière franco-italienne est fermée aux migrants, qui sont refoulés vers l’Italie par la police française.

Lors de sa séance plénière de début juin 2018, le Parlement européen, qui doit représenter l’opinion des peuples européens, avait organisé un débat sur « Urgences humanitaires en Méditerranée et solidarité dans l’Union ». C’était une très bonne idée, mais il y avait moins de dix pour cent des eurodéputés lors de ce débat : 70 sur 751. Voir le fichier pdf ou la vidéo de ce débat.

Manifestement, les grands principes fondateurs de l’Union européenne, démocratie et respect des droits des personnes, ne sont pas opérationnels dans cette actualité récente. Des gouvernements démocratiquement élus dans chacun des pays sont incapables d’organiser une politique commune au niveau de l’Union, parce qu’ils cherchent d’abord à satisfaire leurs électeurs, dans leurs pays.

Il n’y aura pas de progrès tant que les électeurs des différents pays ne pourront pas débattre entre eux, tant que ces électeurs ne pourront pas être convaincus ou non par les propositions des politiciens des autres pays. Pour un tel débat, indispensable pour le progrès de notre continent, il faut une langue commune pour se parler. Il faut une langue équitable, pour qu’il n’y ait pas de discriminations entre les habitants et entre les gouvernants des divers pays. Il faut une langue précise et facile, il faut l’espéranto.

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