Accueil du site > Le blog > La France peut-elle montrer l’exemple pour la diffusion de la langue (...)

La France peut-elle montrer l’exemple pour la diffusion de la langue internationale Espéranto ?

jeudi 19 janvier 2017, par Pierre

Il y a une douzaine d’années, le gouvernement français (Ministère de l’Education nationale) avait demandé une expertise pour déterminer quelle serait la meilleure politique d’enseignement des langues. Un rapport avait été fait par le professeur François Grin, de l’université de Genève. Ce rapport comparait trois politiques possibles, le "tout à l’anglais", le multilinguisme, et le développement d’une langue neutre telle que l’espéranto. Ses conclusions indiquaient nettement que la politique actuelle du laisser-faire aboutissait à une prééminence de l’enseignement de l’anglais au détriment des autres langues européennes, avec un gain financier important, de plusieurs milliards d’euros par an pour la Grande-Bretagne, et des pertes financières correspondantes pour la France et les autres pays européens. Il indiquait aussi que le multilinguisme, officiellement prôné par les pouvoirs politiques français et européens, n’est possible qu’avec un soutien fort de la puissance publique, ce qui n’est pas le cas actuellement. Il concluait que la politique à la fois la plus juste et la moins coûteuse serait le développement d’une langue neutre telle que l’espéranto. Depuis douze ans, ce rapport est resté aux oubliettes, bien qu’il soit toujours disponible sur le site de la Documentation française.

En 2016, le 28 juillet, à l’autre bout de l’Europe, à Nitra (Slovaquie), M. Andriukaitis, Commissaire européen à la Santé et à la Sécurité alimentaire, lors d’une conférence sur la politique linguistique, a proposé que l’enseignement de l’espéranto soit développé d’abord dans une coopération renforcée entre les pays du groupe de Visegrad (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie), "dans le cadre de leur collaboration déjà bien avancée dans d’autres domaines". Comme l’indiquait Robert Schuman le 9 mai 1950, " L’Europe ne se fera pas d’un seul coup, ou selon un seul plan. Elle sera construite à travers des résultats concrets, qui créeront d’abord une solidarité de fait ".

Après avoir montré l’exemple d’un rapport officiel exemplaire il y a douze ans, la France peut-elle encore montrer l’exemple en développant l’enseignement de l’espéranto, en lien avec les pays du groupe de Visegrad ?

Répondre à cet article


SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0